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CHRONIQUES DE NOS PROFESSIONNELS

 

 

 

  27 février 2017

 

 Top 4 des conseils que j’aurais voulu entendre de la part d’un conseiller en orientation

 

  Par Christian Boucher, conseiller en insertion socioprofessionnelle

 

 

 

Ceux qui me connaissent savent que j’adore mon travail et que je m'épanouis totalement dans le fait d’accompagner de jeunes adultes un peu (parfois beaucoup) déroutés qui aspirent à une meilleure vie. Mais entre la fin de mon secondaire et le moment où je vous écris ces quelques lignes, mon trajet scolaire et professionnel a été ponctué d’un nombre incalculable de réflexions et de décisions, parfois bonnes, parfois moins bonnes. J’ai reçu plusieurs conseils, parfois bons, parfois moins bons. Avec du recul, je réalise que mon trajet aurait possiblement été plus paisible, moins houleux, si j’avais moins résisté à certaines recommandations et davantage écouté les conseils plus sages dispensés par mes proches et conseillers d’orientation.  Allez, à mon tour de me transformer en gourou du counseling d’orientation. Voici mon top 4 des conseils que j’aurais voulu entendre de la part d’un conseiller en orientation lorsqu’est venu le temps de cocher la petite case sur le formulaire d’admission, la toute petite case qui allait avoir un impact majeur sur ma future vie professionnelle, et bien entendu personnelle :

 

 

1-      Possiblement peu linéaire sera ton parcours professionnel.

 

Qui ne s’est pas imaginé adolescent faire un choix X, étudier X, travailler X et réussir X? Nous l’avons tous fait, et nous avions toutes les raisons du monde de croire qu’il en serait ainsi. Mais quels sont ceux qui ont réellement suivi le trajet X du début à la fin? Si c’est votre cas, vous faites possiblement partie d’une très faible minorité. Et de cette minorité, vous devez indubitablement vous retrouver dans l’une ou l’autre de ces deux catégories : les visionnaires extraordinaires ou les « quand-on-commence-quelque-chose-on-le-poursuit-jusqu’à-la-fin ». Quant à la moyenne des ours, il se retrouvera, dans sa vie, face à un bombardement de décisions : « Quel programme? Quelle école? Quelle option? Quelle concentration de cours? Quel employeur? Quel milieu? etc. À ça, s’ajoutent toutes les embûches, les opportunités, les rencontres, les hasards de la vie. Si on m’avait dit plus jeune que mon parcours professionnel allait autant changer et être en mouvance au fil des années, je ne me serais certainement pas mis autant de pression à vouloir choisir LA bonne formation.

 

 

 

2-      Les chances sont infiniment minimes que tu sois un jour jongleur ou curé.   

 

Au secondaire ou même plus tard à l’âge adulte, nous avons tous, sans exception, fait la rencontre d’un conseiller en orientation qui nous a fait passer un test d’intérêts. Ce qui est bien dommage dans la plupart des cas, c’est que l’être humain a tendance à retenir davantage les informations qui marquent son imaginaire plutôt que les plus utiles. C’est pour cette raison d’ailleurs que plusieurs se souviennent être ressortis d’un processus d’orientation avec cette recommandation qu’ils devaient se diriger vers la jonglerie ou la prêtrise. Pour tous ces gens qui demeurent avec cette vague impression d’avoir rencontré une version cheap de devin ayant perdu toutes ses capacités, détrompez-vous! Celui-ci ne vous a certainement pas dicté votre choix professionnel, du moins je l’espère. Il vous a possiblement remis une liste de professions en lien avec votre profil afin de vous permettre d’explorer une multitude de professions qui pourraient vous intéresser. Si j’avais mieux compris plus jeune ce qu’essayait de faire mon conseiller en orientation, peut-être aurais-je pu bénéficier davantage de ses conseils.

 

N.B. À noter ici que dans le cadre de ce billet, il est important de bien comprendre que je n’ai rien contre les jongleurs ni les prêtres et que ces professions n’ont été citées qu’en exemple.   

 

 

 

3-      Tu ne choisirais pas ta maison qu’en la voyant sur Internet, alors ne fais pas ça avec ta future profession!

 

Lorsque vient le temps de faire des choix importants, en général, nous prenons tous les dispositions nécessaires pour évaluer les différentes options pour nous assurer que nous ne commettons pas d’erreurs. À l’achat d’une maison, nous payons les services d’un inspecteur en bâtiment. Même chose pour une voiture usagée, nous la faisons vérifier par un garagiste. Quelqu’un a déjà fait une demande en mariage à une femme ou un homme en ayant seulement lu sa fiche descriptive sur un site de rencontre? Et pourtant, plusieurs personnes ne croient pas à la pertinence d’aller plus loin que le simple fait de feuilleter un guide de formations ou de naviguer sur Internet lorsque vient le temps de choisir la profession qu’elles occuperont en moyenne 35 heures par semaine pendant plus de 35 ans. Mais quels moyens pouvons-nous mettre en place pour minimiser ces risques? Évidemment, il y a la réponse classique de la visite chez le conseiller en orientation, celui qui ne vous prédira pas que vous deviendrez jongleur ou curé, bien sûr. Mais mon conseil le plus judicieux à cette question serait d’aller voir sur le terrain, dans la vraie vie, ce que font les gens qui exercent des professions qui pourraient vous intéresser. Avant de faire un choix de formation, tous devraient prendre quelques minutes de leur vie pour aller rencontrer un travailleur qui œuvre dans le secteur et lui poser une série de questions qui les préoccupent. Et si ce que vous entendez ne fait pas votre affaire, vous surprend, et bien temps mieux! Ces quelques minutes vous auront permis de sauver plusieurs années de travail moches. Go, réseautez, rencontrez, questionnez et analysez! Rappelez-vous que plus on a d’information, moins vous courez de chances de vous tromper.

 

 

 

4-      Fais de ton mieux et (normalement) le reste suivra!

 

Possiblement, le conseil le plus simple, mais oh combien le plus sage! J’ai rencontré, au cours de ma pratique, plusieurs jeunes inquiets, angoissés, anxieux à l’idée de faire le bon choix. Pas besoin de vous faire la nomenclature de tous les impacts que ces états d’âme peuvent engendrer sur la personne, ils sont bien évidents. Mais si seulement ces jeunes pouvaient apprendre à se faire confiance, réaliser que le plus important dans tout ça n’est pas de trouver LE bon métier, mais plutôt de faire de son mieux, de faire les démarches proposées et surtout tenter de trouver une certaine forme de sérénité dans tout ce processus en visant l’équilibre. À force de tout vouloir planifier, de tout vouloir organiser et prévoir, on oublie parfois de prendre la route. Ça ne veut évidemment pas dire de partir sans carte, ni boussole. Allez, c’est maintenant le temps d’y aller et d’avancer! Rappelle-toi que le chemin sera long, parsemée d’imprévus, mais que si tu te fais confiance et que tu te préoccupes simplement de vouloir faire de ton mieux, les choses devraient bien se passer pour toi!

 

 

 

 

2 novembre 2016

 

Levons le voile sur l'indécision vocationnelle, un processus normal 

 

Par Carol Gagnon, conseiller d'orientation

 

Au début du siècle passé, il y avait peu de professions offertes aux jeunes.  Selon leur classe sociale, le parcours n’était pas le même.  Les mieux nantis se dirigeaient vers la prêtrise, les secteurs de la santé ou du droit, les plus aventureux dans le domaine de la culture, alors que la classe ouvrière occupait des emplois en usine ou en agriculture, plus pour assurer sa survie que par véritable choix.  

 

De nos jours, avec la multitude de programmes qui s’offre aux jeunes, il n’est pas rare de constater une certaine ambivalence devant autant de possibilités de professions qui leur sont offertes.  Le dicton « trop c’est comme pas assez » prend tout son sens.  Plusieurs critères entrent en ligne de compte dans un processus décisionnel.  D’abord, la durée des études et la proximité des établissements scolaires.  Certains jeunes sont divisés entre l’option de réaliser des études postsecondaires ou d’intégrer rapidement le marché du travail, surtout s’ils ont rencontré des difficultés d’ordre scolaire. Pour ces personnes, faire des études supérieures peut être une source d’anxiété. Comme autre facteur, il y a l’accessibilité à l’aide financière aux études.  Certaines personnes ne sont pas admissibles au programme gouvernemental de prêts et bourses et à l’aide financière d’Emploi-Québec, ce qui vient interférer dans leur processus.  Enfin, le contingentement des programmes freine l’ardeur de plusieurs candidats qui ne déposeront pas de demande d’admission par peur d‘être refusés.  Devant un refus, certaines personnes peuvent carrément décider de quitter les études pour une longue période. C’est souvent la précarité d’emploi et les faibles conditions de travail qui ramèneront les jeunes sur les bancs d’école.

 

Pas de garantie

Même après avoir pris en compte tous ces paramètres et avoir rencontré un spécialiste de l‘orientation scolaire et professionnelle, ces jeunes n’auront pas la garantie qu’ils font le bon choix.  Ils doivent pouvoir se rapprocher de la vérité et faire confiance à la vie, surtout qu’il peut y avoir plusieurs postes différents associés à un même domaine (exemple : une personne qui a obtenu un baccalauréat en sciences de l’orientation et une maîtrise en orientation pourrait travailler comme aide pédagogique individuelle, conseillère en informations scolaires et professionnelles, conseillère à la gestion des études, conseillère en emploi, etc.).

        

Les croyances 

Certaines croyances erronées peuvent augmenter l’anxiété vocationnelle chez les gens et ainsi venir compliquer leur processus décisionnel.  En voici quelques exemples :

 

Dans un premier temps, la personne a peur de se tromper et de prendre une mauvaise décision.  Elle veut avoir la certitude qu’elle fait le bon choix.  Il faut l’amener à se documenter, lire et mieux connaître les professions.  Elle pourrait assister aux rencontres d’information offertes par les différents programmes, ou être élève d’un jour, mais l’idéal serait qu’elle rencontre un travailleur sur le terrain pour mieux comprendre son quotidien.

 

Certaines personnes croient qu’elles doivent faire un choix pour la vie, ce qui n’est pas nécessairement le cas.  Elles pourraient longtemps occuper la même fonction ou au contraire être intéressées par la nouveauté et occuper d’autres postes dans le même secteur d’activité.  Choisir un programme d’études qui permet beaucoup de mobilité professionnelle peut favoriser la motivation au travail.

 

Certains disent qu’ils n’ont pas le droit de changer d’idée, car ceux qui changent d’idée ne réussissent jamais rien. Cette croyance est un facteur contributif à l’anxiété.  Bien au contraire, pour maintenir une saine santé mentale, il est nécessaire de changer de direction quand le programme ne convient pas à la personne.  Entreprendre des études dans un programme est souvent la meilleure façon d’évaluer s’il nous convient.

 

Enfin, comme dernier facteur, il y a la pression des parents et de la famille d’étudier dans un programme qui n’intéresse pas le jeune. Les parents veulent le meilleur pour leur enfant, et pour eux la sécurité et la stabilité d’emploi viennent au premier plan lors d’un choix de carrière au détriment de l’intérêt du jeune pour un domaine particulier.  Cette situation peut être source de conflit entre les parents et l’enfant et influence sa décision de quitter le milieu scolaire si aucun compromis n'est fait.

 

Une année sabbatique, crainte de tous les parents!

Plusieurs parents n’aiment pas que leur jeune prenne une année sabbatique pendant ses études, car il n’a pas d’idée claire de ce qu’il veut faire plus tard.  Souvent, ils ont peur qu’il ne retourne pas aux études et prenne goût à l’autonomie financière qu’un emploi procure.  Ce n’est pas la majorité, mais certaines personnes ont besoin de changer d’air, de voyager pour apprendre à mieux se connaître.  On dit que les voyages forment la jeunesse; cela permet de prendre du recul en ce qui concerne le projet professionnel.  Le fait de travailler et de vivre de nouvelles expériences permet d’apprendre à mieux se connaître et d’exploiter ses forces, mais également de mieux cerner ses champs d’intérêt.  Cette démarche est bénéfique si le jeune qui se prête à l’exercice décide de revenir aux études.  Chose certaine, il est préférable que le jeune emprunte ce parcours, car demeurer aux études en changeant de programme sans cesse épuise le nombre limite de mois d’études pour lequel une aide financière peut être attribuée par le programme des prêt et bourses.

 

En somme, l’indécision n’est pas chronique.  Par la recherche d’informations, le dialogue avec les parents et parfois une démarche d’orientation, le jeune peut arriver à faire un choix de programme qui lui convient.

 

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Philippe Frève-Laverdière30 août 2016 

 

L'anxiété de performance : comment bien commencer son année scolaire et ne pas finir épuisé

Par Philippe Frève-Laverdière, conseiller en persévérance scolaire

 

Dans ma pratique, je rencontre des étudiants qui vivent de multiples difficultés entourant la réussite scolaire et l’une de celles qui ressort du lot est l’anxiété de performance. Partant du principe que la société et le marché du travail vont à un rythme parfois ardu à suivre, le monde scolaire n’a pas d’autre choix que d’avoir certaines exigences pour bien préparer les travailleurs de demain. Néanmoins, il est possible de faire en sorte que ces exigences ne suscitent pas d’appréhensions et de craintes pouvant nuire à votre efficacité. Voici donc quelques suggestions pour  tous ceux et celles qui entament une nouvelle année afin de ne pas finir celle-ci épuisé ou encore de ne pas risquer un abandon scolaire.

 

Ne remettez pas à demain ce que vous pouvez faire aujourd’hui

Cette maxime est bien connue, mais elle est également vraie. Trop d’étudiants ne voyant pas arriver l’accumulation des travaux préfèrent se concentrer sur les autres sphères de leur vie. Toutefois, le fait d’entamer graduellement des travaux à la maison permet de se préparer davantage aux périodes de « rush » en plus de diminuer la charge de travail. Je ne cesserai de dire aux étudiants que je rencontre que l’une des clés pour prévenir l’anxiété est la planification et la répartition intelligente des tâches à effectuer. Pour ma part, c’est au cégep que j’ai commencé à développer une méthode de travail, que je me réappropriais progressivement en début de session, et qui m’a permis de persévérer jusqu’à la fin de mes études.

 

Gardez un équilibre dans votre quotidien

Avoir une saine alimentation et une routine de sommeil adéquate nous préservent de bien des maux nous répètent les médecins. Au-delà de ce simple conseil, il faut comprendre qu’on ne doit pas se négliger et sous-estimer nos besoins essentiels sous prétexte que nous n’avons pas le temps. Faites-vous des calendriers, des horaires de travail et n’hésitez pas à y inscrire des moments pour des temps libres, mais également pour socialiser ou relaxer. Évitez également de prendre trop d’engagements et de surcharger votre horaire. À l’inverse, on ne doit pas non plus être trop rigide; il faut faire preuve de souplesse et être en mesure de s’adapter quand nos obligations nous empêchent de respecter le modèle de journée idéal. Il faut tenter de se fixer des limites et de garder un équilibre en fonction de ce qui est désirable pour nous tout en respectant les échéanciers établis. Je me souviens des fins de session où je ne prenais pas vraiment le temps de profiter d’un repas, mais j’ai fini par réaliser que de nous arrêter pour répondre à nos besoins de base nous rend plus disposés à affronter les épreuves du quotidien.

 

Prenez tous les moyens mis à votre disposition pour vous préparer aux épreuves et examens

Fiez-vous aux moyens efficaces que vous avez déjà utilisés et restez ouvert aux propositions des professeurs et de vos pairs. En général, plus on est prévenu et plus on a d’informations concernant ce qui nous attend (examens ou travaux), plus nous pouvons adapter notre préparation efficacement. Ce n’est pas le temps brut investi qui compte, mais la qualité des efforts et les stratégies qui sont adaptées à notre situation. En effet, les stratégies de mémorisation ont une efficacité qui reste variable pour chaque individu, il faut surtout qu’elles aient du sens pour nous (par exemple, j’utilisais régulièrement des acrostiches ou des histoires courtes pour retenir les concepts abstraits). Enfin, diversifiez vos techniques pour retenir l’information afin de stimuler votre mémoire le plus possible, et surtout restez confiant quant à vos chances de réussite.

 

Prenez le temps d’écouter votre corps et votre discours intérieur

Vous avez des symptômes comme des maux de tête, de la difficulté à dormir ou des troubles digestifs? Écoutez votre corps, peut-être qu’il vous donne le signal qu’il est temps de remettre en question votre façon de gérer votre quotidien et votre interprétation des événements. Vous vous sentez stressé? Quel type de discours adoptez-vous, quel genre de message vous envoyez-vous? Je dis souvent qu’il ne faut pas banaliser les exigences, mais que parfois, relativiser ou parler avec quelqu’un de confiance nous permet de mieux comprendre nos appréhensions, de remettre tout en perspective de façon plus détachée et de trouver des pistes de solutions. Dans bien des cas, faire appel à un service de consultation ou un professionnel du milieu scolaire peut nous permettre d’avoir une aide non négligeable. Ce n’est pas naturel pour tout le monde d’avoir de l’introspection et d’être critique face à soi-même, mais avoir un peu de recul sur sa situation ne peut qu’engendrer des retombées positives.

 

Apprenez à gérer votre stress et votre anxiété

Pour évacuer le stress quotidien, bon nombre de moyens sont utilisés par parents, amis, médias et professionnels. L’important est de trouver ce qui nous fait du bien, nous permet de cesser de focuser sur la source de stress et de nous changer les idées. Encore une fois, ne délaissez pas ces moments de loisirs, de sports ou de détente, car ils sont bénéfiques et même nécessaires, peu importe la charge de travail qui nous attend. Bien que par période, ce qu’on doit faire et ce qu’on veut faire est parfois difficilement conciliable, le fait de décrocher ne serait-ce que 30 minutes par jour peut nous aider à prévenir ou diminuer notre stress. Plusieurs techniques de relaxation ne durant que quelques minutes lorsqu’elles sont bien maîtrisées peuvent être bénéfiques à moyen terme (voir cohérence cardiaque ou technique du 4-7-8). Pour ma part, la course est mon exutoire. Même si c’est parfois plus difficile de prendre le temps, je ne regrette jamais d’avoir enfilé mes chaussures de sport.

 

En somme, pour diminuer le stress et éviter de devenir anxieux, l’important est de se responsabiliser et de tenter de modifier le plus possible la situation afin qu’elle soit à notre avantage. Souvent, ce n’est pas en attendant qu’un défi se présente à nous que nous pourrons mieux l’affronter, mais en se préparant et en ayant des repères. Vaut mieux prévenir que guérir, vaut surtout mieux connaître les moyens à sa disposition pour savoir les utiliser au moment opportun. Bon succès!

 

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Christian Boucher

8 août 2016

 

Top 5 des commentaires de parents que tout conseiller d’orientation ne voudrait plus entendre

Par Christian Boucher, conseiller en insertion socioprofessionnelle

 

Travaillant depuis plus de 7 ans auprès de jeunes adultes vivant plusieurs difficultés, je peux vous dire qu’il n’y a pas grand-chose que je n’ai pas entendu dans mon bureau qui concerne les bons et surtout les moins bons coups des parents. « Mon père m’a souvent dit que ça ne servait à rien de continuer à aller à l’école parce que je ne suis pas bon. » C’est dur, mais dites-vous que je l’ai entendu beaucoup trop souvent. Aujourd’hui, mon billet ne vise pas à dénoncer ce type de parents puisque de toute façon, ce ne sont pas eux qui le liront. J’aimerais plutôt m’attarder sur les commentaires que les parents bien intentionnés font à leur enfant et qui peuvent avoir un impact négatif dans une démarche d’orientation. Allez, sans plus tarder, le top 5 des commentaires de parents que tout conseiller d’orientation ne voudrait plus entendre:

 

1-    Tu dois absolument aller à l’université, c’est beaucoup plus payant.

Ne faites pas l’erreur de croire que le diplôme universitaire garantit automatiquement un meilleur salaire que certains diplômes d’études collégiales et même d’études professionnelles. Le niveau de scolarité est loin d’être le seul facteur pouvant être pris en considération lorsqu’il est question de salaire; il faut aussi tenir compte du domaine professionnel, du niveau d’expertise, de l’ambition, de l’expérience, etc. J’ai d’ailleurs certains amis qui possèdent un niveau de scolarité moins élevé que le mien et qui s’amusent régulièrement à me rappeler cette fausse croyance que certains parents peuvent entretenir à cet égard. 

 

2-    Il n’y a pas de job dans ce métier, tu devrais trouver un plan B.

Plusieurs parents bien intentionnés souhaiteraient que leur enfant choisisse un autre métier, et ce, pour une question de perspectives d’emploi. Ils veulent les protéger de tous les désagréments que peuvent engendrer l’interminable recherche d’emploi, les contrats précaires, les horaires atypiques, les faibles salaires, etc. Peut-on les blâmer? Absolument pas! Sachez toutefois que cette réaction qui part d’une bonne intention risque d’engendrer deux conséquences possibles. Votre enfant, pour vous prouver, consciemment ou non, qu’il n’a pas besoin que vous lui dictiez ses choix, peut décider de s’acharner à vouloir compléter une formation plus hasardeuse. « Je vais lui prouver que je suis capable! ». Vous comprendrez que dans certains cas, cette motivation à pousser dans une voie sans issue risque d’entraîner non seulement les conséquences ci-dessus mentionnées, mais aussi d’envenimer considérablement la relation parent-enfant. Pour les moins téméraires, les enfants qui tiennent moins tête à leurs parents, il y a le risque possible de gâcher un talent exceptionnel et de constater dans 30 ans (fait vécu par un proche), qu’ils ont fait un choix beaucoup trop rationnel et qu’ils n’ont malheureusement pas eu la chance d’actualiser tout leur potentiel dans un travail passionnant.

 

3-    Demande à ton conseiller d’orientation de te dire dans quoi il te verrait travailler plus tard

Plusieurs parents méconnaissent le rôle du conseiller d’orientation et s’imaginent que celui-ci saura, en une ou deux rencontres, bien cerner les champs d’intérêt, les valeurs, les caractéristiques de la personnalité ainsi que le niveau d’ambition de leur enfant, et bien sûr faire un match parfait avec une des 23 000 professions exercées au Canada. Le conseiller d’orientation ne possède malheureusement pas ce super pouvoir et son travail consiste beaucoup plus à aider la personne à mieux se connaître à travers différents moyens ou outils et à l’amener à explorer les professions en fonction de ce qu’il est, de ce qu’il aime et de ce qu’il juge important. Il l’accompagne aussi dans son choix final s’il y a lieu.

 

4-    Tu devrais étudier en informatique, tu joues toujours sur ton ordinateur.

J’avais dit d’entrée de jeu que mon billet n’emploierait pas un ton moralisateur. Et bien je vous ai un peu menti. Sachez que les conseillers d’orientation sont nombreux à entendre dans leur bureau des clients leur dire que leurs parents les verraient dans telle ou telle profession pour telle ou telle raison. Ces suggestions partent certainement de bonnes intentions (encore une fois!), mais ce genre de propos peut toutefois nuire à la démarche d’orientation. Certains jeunes en viennent à croire que si un parent propose un métier spécifique, c’est qu’il doit nécessairement avoir raison. Certains clients croient même à tort que leurs parents les connaissent mieux qu’eux-mêmes, ce qui est, disons-le, un peu absurde. Le parent qui souhaite accompagner son adolescent dans ce processus devrait plutôt penser à suggérer quelques pistes de réflexion, l’amener à identifier lui-même ses forces, ses limites, ses champs d’intérêts, etc. pour qu’il en vienne lui-même à savoir qui il est réellement. Je ne voudrais pas prêcher pour ma paroisse, mais je continue à croire qu’une personne objective et neutre comme un conseiller d’orientation peut jouer ce rôle clé dans ce processus.

 

5-    Laisse-moi parler à ton conseiller d’orientation. Il y a certainement des choses que tu as oublié de lui dire.

Pour l’amour du Saint-Seigneur, s’il y a bien quelque chose que le conseiller d’orientation n’aime pas, et je vous jure que je n’en connais pas un qui apprécie ce type d’intervention, c’est bien un parent qui le contacte directement et qui se met à lui décrire son ado. Pour les parents inquiets qui croient que leur enfant ne s’ouvrira pas, qu’il sera gêné, eh bien vous pourriez être étonnés de voir à quel point certaines personnes plus réservées en viennent à s’exprimer une fois le climat de confiance établi. Pour les oublis possibles, ne vous inquiétez pas non plus. Rares sont les éléments non dévoilés qui peuvent influencer le cours d’une démarche d’orientation. Par contre, n’allez surtout pas croire que les parents doivent être exclus du processus. Bien au contraire! Il suffit simplement de s’assurer que tout un chacun endosse le bon rôle. C’est d’ailleurs toujours dans cette optique que j’accepte de rencontrer les parents qui souhaitent accompagner leur adolescent. Une fois cette clarification faite, le parent comprend alors que sa présence dans le bureau n’est pas nécessairement souhaitable pour les raisons nommées précédemment.

 

Être parent, c’est tout un art. On ne mesure pas toujours l’impact de nos mots, nos réactions, nos attitudes. Et bien que ce texte puisse, pour certaines personnes, laisser croire que les parents devraient prendre un certain recul en ce qui concerne l’orientation professionnelle de leur enfant, je tiens à reconnaître l’importance de leur implication et à vous dire qu’il n’y a rien de plus précieux au monde pour un enfant que de sentir ses parents présents, aimants et soutenants. 

 

 

 

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Anaïs Nadeau-Cossette

4 juillet 2016

 

L'été et la recherche d'emploi : comment être efficace?

Par Anaïs Nadeau-Cossette, conseillère auprès des personnes immigrantes

 

Au ralenti, tirez-en profit!

 

C’est bien connu, l’été au Québec est synonyme de vacances. Le retour du beau temps en inspire plus d’un et l’esprit s’évade plus facilement. Cependant, les mois de juin à août ne sont pas que limonade, crème glacée et farniente pour tous! Bien que le marché du travail connaisse effectivement un certain ralentissement pendant l’été, il s’agit néanmoins d’une période qui peut être profitable. Qu’est-ce que cela signifie alors pour les chercheurs d’emploi?


En vous réservant quand même quelques moments pour décrocher pendant les mois à venir, il est toutefois suggéré de ne pas abandonner les recherches pendant l’été. En effet, à l’instar des employeurs, certains chercheurs d’emploi profitent aussi de cette période pour prendre une pause. Plusieurs pensent qu’il est inutile de poursuivre leurs démarches pendant l’été et préféreront tirer eux aussi profit du beau temps en famille ou entre amis. La compétition s’en trouve alors diminuée et c’est l’occasion à saisir pour redoubler d’efforts : veille minutieuse des offres d’emploi, suivis téléphoniques, contacts spontanés sur les réseaux sociaux, etc. Vous aurez ainsi plus de chances de vous démarquer. Alors, ne négligez pas la crème solaire... ni l’envoi de CV!


Par ailleurs, si plusieurs postes sont affichés entre mai et août, il est vrai que, dans certains cas, les décisions quant à l’embauche ne seront prises qu’au retour des vacances, permettant ainsi de récolter un maximum de candidatures pendant l’été. Ainsi, il faut s’armer de patience et se laisser inspirer par le dicton connu « pas de nouvelles, bonnes nouvelles »!


Restez actifs : toutes les occasions sont bonnes!


Si les opportunités d’emploi ne se présentent pas par centaines pendant l’été, il est faux d’affirmer que les chercheurs d’emploi sont condamnés à rester les bras croisés pendant cette période. En effet, les mois d’été se révèlent souvent être des moments favorables pour se faire connaître, explorer davantage son milieu professionnel et élargir son réseau, et ce, de multiples façons.


Comme plusieurs organisations et entreprises connaissent un ralentissement de leurs activités en cours d’été, le personnel au travail peut avoir plus de temps à accorder aux chercheurs d’emploi. Profitez de cette période d’accalmie pour solliciter des entrevues d’information, des avis professionnels sur votre candidature, des visites d’entreprises, etc. Autant d’occasions de réseauter et de vous faire connaître dans votre domaine.


Dans le même ordre d’idée, pourquoi ne pas profiter des prochains mois pour faire un court stage, de quelques jours à quelques semaines, dans une entreprise qui vous intéresse? Les employés qui peuvent vous accueillir ont souvent une charge de travail amoindrie pendant l’été, et donc, plus de temps pour vous encadrer. Par ailleurs, votre apport comme stagiaire peut même contribuer à pallier le manque de personnel dû aux vacances pendant cette période – prenez les responsabilités qui vous sont confiées et faites-vous remarquer!


Proposer vos services non rémunérés pendant un moment vous permet d’acquérir de nouvelles compétences et de démontrer celles que vous possédez déjà, de mieux connaître les entreprises dans votre domaine, de vous faire connaître et reconnaître, de créer un réseau, d’obtenir de l’information et de vous positionner en amont des opportunités qui pourraient se présenter à la reprise en septembre.


Le temps plus clément de l’été amène aussi son lot d’occasions pour réseauter. Évènements culturels, activités sportives, 5 à 7, fêtes familiales, les prétextes de rencontres se multiplient pendant l’été. Que ce soit votre fête de quartier ou une visite au Festival d’été de Québec, le mot d’ordre est le même : délaissez un peu votre ordinateur (pas trop, restez tout de même à l’affût!) et sortez de chez vous. Vous aurez l’embarras du choix!


La saison estivale étant également fertile sur le plan des évènements ponctuels, le bénévolat est aussi une mine d’or pour votre carnet d’adresses et votre compte LinkedIn. Parcourez les sites Internet comme Eventbrite et Quoi faire à Québec pour trouver des activités qui vous intéressent ou encore, contactez le Centre d’action bénévole de Québec pour déposer votre candidature afin de vous impliquer au sein d’un organisme dont la mission vous anime. Passionné de sport? Donnez de votre temps au Vélirium, la coupe du monde de vélo de montagne. Vous avez plutôt un penchant pour l’administration et préférez l’air climatisé? Intégrez un organisme de votre communauté pour faire des tâches plus cléricales. Votre petit dernier joue au soccer? Pourquoi ne pas offrir votre aide comme assistant-entraineur? Le bénévolat reste de tout temps une façon privilégiée et efficace de faire des rencontres et l’été, les occasions n’en sont que plus nombreuses.


Astuce : On ne sait jamais qui on peut croiser sur notre route, l’important est d’être bien préparé en sachant se présenter de façon efficace – pas plus de 20 secondes pour décrire votre parcours, vos compétences et informer votre interlocuteur de votre objectif. Vous pouvez également dresser à l’avance une liste de questions pour vos interlocuteurs, de façon à leur démontrer votre intérêt. Et n’oubliez pas d’avoir toujours une carte professionnelle à portée de la main. L’été, les occasions abondent, à vous de jouer!

 

Restez ouverts, soyez flexibles


L’été est aussi une période propice aux remplacements de vacances et autres contrats à court terme. Même si vous recherchez un emploi plus stable à plus long terme et que l’idée vous parait peu alléchante au départ, voyez ces offres d’emploi comme un autre moyen de vous faire connaître et de bonifier votre CV. Nombreux sont les remplacements qui se prolongent et vous aurez, à tout le moins, développé de nouvelles relations professionnelles!
Bref, trois mots clés pour une recherche d’emploi efficace cet été : ACTION, RÉSEAUTAGE et OUVERTURE. Utilisez ce temps plus tranquille à bon escient en étant créatif. Le scénario idéal de l’été serait sans doute de trouver votre emploi rêvé en discutant lors d'un 5 à 7 sur une terrasse ensoleillée. C’est en effet une image assez utopique. Quoique… on ne sait jamais! À vous de jouer!

 

 

 

 


 

 

Marie-Christine Hallé5 mai 2016

 

L'ennéagramme : 9 perceptions de la réalité 

Par Marie-Christine Hallé, coordonnatrice des services externes et des projets 

 

Vous vous êtes sûrement déjà demandé pourquoi vous répétiez souvent les mêmes comportements de façon automatique, même si ces derniers vous sont nuisibles dans différentes sphères de votre vie. Il vous arrive aussi probablement de ne pas comprendre ce qui pousse les gens à agir comme ils le font ou encore, d’être incapable de travailler efficacement en équipe avec une personne en particulier. Cette chronique vous donnera peut-être une piste de solution pour répondre à ces différentes questions que vous vous posez sur vous-mêmes ou sur les autres, et sur vos relations avec eux.

 

Il y a quelques années, à Option-travail, nous avons été introduits à la théorie de l’ennéagramme. Mon intérêt a rapidement été suscité par cette approche différente de toutes celles que j’avais connues jusque-là. Il me serait impossible de vous expliquer de façon exhaustive ce modèle théorique complexe dans le cadre de cette chronique. Mon but ici sera donc plutôt de piquer votre curiosité et de vous donner envie d’en savoir davantage.

 

L’ennéagramme est une typologie de la personnalité. Selon cette approche, il existe 9 types de personnalité, qui représentent autant de façons différentes de percevoir la réalité.

 

Ce qui distingue l’ennéagramme de la plupart des autres approches, c’est qu’il s’intéresse aux motivations inconscientes des individus (ce qui les pousse à agir) plutôt qu’à leurs comportements observables. Par conséquent, il est impossible d’associer un comportement spécifique à un type donné. Par contre, toutes les personnes présentant le même type auront la même motivation sous-jacente.

 

Voici, en un mot, les motivations des neuf types de l’ennéagramme :

 

Type 1 : Le perfectionnisme

Type 2 : L’altruisme

Type 3 : La réussite

Type 4 : L’originalité

Type 5 : Le savoir

Type 6 : La loyauté

Type 7 : Le plaisir

Type 8 : La force

Type 9 : L’harmonie

 

La théorie de l’ennéagramme stipule également que les individus adopteront des comportements qui leur permettront d’éviter ce qu’ils craignent le plus. Voici ce que tente d’éviter chacun des types :

 

Type 1 : La colère

Type 2 : Reconnaître ses propres besoins et le rejet

Type 3 : Les échecs

Type 4 : La banalité

Type 5 : L’envahissement et le vide intérieur

Type 6 : La déviance

Type 7 : La souffrance

Type 8 : La faiblesse

Type 9 : Les conflits

 

 Pour simplifier à l’extrême, les deux questions à se poser si on cherche à connaître son type de personnalité, c’est :

 

« Qu’est-ce qui motive mes actions? » et « Quelle est ma plus grande peur, ce que je cherche le plus à éviter dans ma vie? »

 

Prenons par exemple l’organisation d’une fête. Tous les types pourraient aimer s’impliquer dans ce genre d’événement, mais pour des raisons différentes. Par exemple, alors que le type 2 pourrait le faire pour que les autres reconnaissent son utilité et pour se sentir aimé, le type 7 pourrait pour sa part simplement y voir une occasion d’avoir du plaisir plutôt que de s’acquitter d’une autre tâche jugée plus ennuyante. Le type 8 pourrait quant à lui vouloir prendre en charge cet événement pour « imposer » ses idées et sa vision de ce qu’est une fête réussie, tandis que le type 4 le ferait dans l’espoir que la fête qu’il organiserait serait originale et différente de toutes celles qui ont été organisées jusqu’ici.

 

 Voici un schéma illustrant l’ennéagramme. Notez bien que les noms des types varient d’un ouvrage à l’autre et que l’on s'en sert surtout pour faciliter la compréhension du lecteur. 

 

Source : http://www.coaching-et-formation.fr/Enneagramme.html

 

Pourquoi s’intéresser à l’ennéagramme?

 

Même si, à la base, vous ne partagez pas nécessairement ma passion pour l’analyse des comportements humains, sachez que l’ennéagramme peut vraiment être utile à tous. En effet, cette théorie permet à l’individu de prendre du recul par rapport à lui-même et de remettre en question son mode de fonctionnement. Il sera donc mieux outillé pour établir des stratégies plus adaptées pour atteindre ses objectifs personnels et professionnels. L'ennéagramme lui permet également d’améliorer sa communication avec autrui, puisqu’en connaissant les types des gens qui l'entourent, il lui sera possible d’adapter sa façon de communiquer en fonction de la personne à qui il s'adresse. Cette perspective nouvelle pourrait entre autres être particulièrement utile dans un contexte de gestion de ressources humaines.

 

D’un point de vue pratique, l’ennéagramme est souvent utilisé en orientation professionnelle, en gestion de carrière, en employabilité, pour des bilans de compétences, du coaching auprès des gestionnaires et des employés, de la mobilisation d’équipe, etc.

 

Personnellement, j’exagère à peine en disant que l’ennéagramme a changé ma vie. Pour la première fois, j’ai l’impression de me reconnaître pleinement dans un modèle théorique de typologie de la personnalité, mais surtout, j’ai maintenant des outils concrets qui me permettent d’identifier mes zones de stress afin de mieux composer avec ces dernières et d’atteindre un équilibre.

 

Vous aimeriez utiliser cet outil pour vous-même, votre équipe de travail, vos employés? Que ce soit pour des rencontres individuelles ou pour une activité de groupe, il me fera plaisir de vous accompagner dans cette démarche.

 

Contactez-moi pour toutes questions ou pour prendre un rendez-vous!

 

Marie-Christine Hallé

Coordonnatrice des services externes et des projets

mchalle@optiontravail.com

 

 


 

Martine Boutin

 

28 janvier 2016

 

Pour un début d'emploi réussi

Par Martine Boutin, conseillère en développement de carrière

 

Ça y est, vous avez enfin décroché LE job que vous cherchiez depuis si longtemps. Après autant d’efforts et de démarches, vous ne voudriez surtout pas gâcher votre entrée en poste. Les premières journées dans un emploi sont souvent sources de stress. Les collègues seront-ils sympathiques? Vais-je répondre aux attentes du patron? D’ailleurs, quelles sont ses attentes? Vais-je faire bonne impression?

 

Une première journée au travail, ça se prépare! Reconsulter le site Internet de l’entreprise vous permettra entre autres d’avoir bien en tête sa philosophie et les services qu’elle offre. Si certaines connaissances importantes pour votre travail semblent lointaines, remettre le nez dans certains manuels de cours ou fouiller sur Internet vous rafraîchira la mémoire. Pensez aussi à votre habillement : misez sur des vêtements plus classiques, comme pour votre entrevue. Vous pourrez ensuite observer comment s’habillent vos collègues et ainsi adapter votre tenue.

 

Cette fameuse première journée est enfin arrivée! Votre accueil est parfois plus ou moins structuré. Le patron n’a pas toujours le temps de faire les présentations officielles; il vous appartiendra alors d’en prendre l’initiative. N’hésitez donc pas à vous présenter à vos collègues. Bien qu’il vous tarde de faire plus ample connaissance, privilégiez des moments plus appropriés comme la pause et l’heure du repas pour échanger davantage avec eux. Il convient alors d’éviter les sujets trop personnels. Posez plutôt des questions d’ordre professionnel à vos collègues, par exemple sur leur rôle dans l’entreprise ou leur profil de formation. N’hésitez toutefois pas à faire appel à eux si vous avez des questions au cours de la journée, cela vous empêchera de déranger fréquemment le patron.

 

L’observation et l’écoute vous permettront d’accéder à une foule d’informations qui faciliteront votre intégration : comment les collègues s’abordent entre eux, leurs habitudes aux pauses, qui sont les mentors et personnes clés dans l’entreprise, l’attitude à adopter avec le patron, etc. Par exemple, si la majorité de vos collègues dînent dans la salle des employés, apportez votre lunch pour avoir l’occasion de créer des liens avec eux.

 

Soyez ouvert et flexible quant aux méthodes de travail utilisées dans l’entreprise. Vouloir tout changer pourra paraître présomptueux aux yeux de vos collègues. Faire bonne impression ne signifie pas non plus démontrer vos grandes connaissances : votre milieu de travail appréciera une attitude ouverte et humble.

 

Soyez confiant; si vous êtes assis sur cette chaise, c’est que l’employeur juge que vous avez ce qu’il faut. Les premières journées sont des moments d’apprentissage et d’appropriation de la tâche. Montrez votre bonne volonté à votre patron en posant des questions et en sachant identifier vos lacunes.

 

Allez, maintenant, au travail!

 

 


 

 

 

14 décembre 2015

 

Ne soyez pas le p’tit dernier choisi dans l’équipe de ballon prisonnier!

Par Alexandra Giroux, conseillère d'orientation

 

On vous a déjà dit que l’obtention d’un diplôme universitaire vous garantit l’accès à de bons emplois?

 

Il est certes vrai qu’obtenir un diplôme permet d’augmenter ses chances de décrocher un emploi intéressant, mais c’est maintenant loin d’être la seule exigence des employeurs dans certains domaines d’activité. Présentement, le nombre de diplômés universitaires croît plus rapidement que le nombre d’emplois professionnels disponibles.

 

« Chez les diplômés universitaires âgés de 25 à 34 ans (…), 18 % travaillaient dans des professions exigeant habituellement des études de niveau secondaire ou moins, et environ 40 % travaillaient dans des professions exigeant habituellement des études de niveau collégial ou moins » (Statistique Canada, 2014).

 

De plus en plus d’employeurs peuvent donc se permettre d’être pointilleux en termes d’exigences d’embauche. C’est la loi de l’offre et de la demande dans un marché libre : plus il y a de diplômés disponibles pour le nombre d’emplois vacants, plus les exigences des employeurs seront élevées. La liste de leurs demandes peut parfois ressembler à votre facture à la sortie de chez Costco : elle est interminable!

Inflation des diplômes

 

Bref, je ne suis ni en train de vous vendre un livre de recettes, ni de vous dire d’abandonner vos rêves si vous souhaitez devenir le prochain Ricardo! Mais soyez conscients que si vous choisissez un domaine professionnel hautement compétitif, il faudra déployer davantage d’efforts et user de stratégies audacieuses pour vous démarquer de la moyenne des ours!

 

Pour faire face à des perspectives d’emploi peu prometteuses, certains bacheliers vont opter pour une fuite en avant, c’est-à-dire poursuivre leur formation à la maitrise et au doctorat, non pas par intérêt pour la recherche, mais faute de ne pas avoir réussi à obtenir un emploi. Leur devise : se surqualifier pour se surclasser! Évidemment, vous comprendrez que ce principe ne s’applique pas à tous les domaines professionnels.

 

Je vous garantis que cette méthode ne fait que vous éloigner encore plus de votre idéal rêvé qui est d’avoir un poste de VP chez Google, deux bébés blonds et une résidence secondaire en Polynésie française. Votre début de carrière risque plutôt de ressembler à un 1 et demi douteux et des dettes d’études jusqu’en 2038.

 

Pour éviter cela, je vous suggère de vous informer sur les perspectives d’emploi en :

 

 

*Les conseillers d’Option-travail peuvent vous aider dans cette démarche si vous êtes intéressés.

 

Après avoir fait ce « reality check », vous pourrez ensuite bonifier votre formation en :

 

 

Ceci vous aidera à mettre toutes les chances de votre côté au moment où on vous jettera dans l’arène des Hunger Games du marché du travail.

 

Hunger Games du marché du travail

 

 


 

 


Patrick Thomassin

16 novembre 2015

 

L'empreinte web en recherche d'emploi

Par Patrick Thomassin, conseiller d'orientation

 

La recherche d'un emploi s’avère incontournable pour diverses raisons : perte de son emploi, un changement de carrière, désir d’obtenir un revenu d'appoint ou recherche d’un premier travail. Dans tous les cas, il est primordial d'avoir de bons outils comme un curriculum vitae présentant vos expériences de travail pertinentes et vos formations, et ce, de manière structurée et concise. Il est aussi conseillé d'appuyer votre candidature par une lettre de présentation mettant en lumière vos compétences acquises dans le cadre vos emplois précédents. Ces deux outils combinés, s'ils sont bien conçus, vous permettront de vous démarquer des autres candidats pour ainsi obtenir la fameuse entrevue de sélection.

 

Avec la popularité grandissante des réseaux sociaux, un nouveau critère est maintenant considéré par les employeurs : l’empreinte web. Elle se définit par les traces que laissent vos activités sur les diverses plateformes comme Facebook, Twitter, Instagram ou LinkedIn. Commentaires sur votre dernier souper avec des amis, opinions sur vos allégeances politiques ou photos de votre dernier voyage à Old Orchard, toutes vos interactions sur les réseaux sociaux sont publiques. Il faudrait être dupe pour croire que les employeurs ne se servent pas de ces informations lors de leur sélection de personnel.

 

En effet, 37 % des employeurs canadiens utilisent les réseaux sociaux ou font une simple recherche dans Google pour vérifier des informations sur les candidats qui postulent dans leur entreprise (Carrerbuilder.com, 2012). De plus, une étude réalisée en 2011 a démontré que 69 % des employeurs qui effectuent une recherche au sujet d’un candidat avant de procéder à l’embauche éliminent des postulants parce que les informations trouvées dans Internet les discréditent (The Reppler Effect, 2011). Ceci étant dit, l’objectif n’est pas d’éliminer toutes vos interactions sur les réseaux sociaux, mais de contrôler votre image, tout particulièrement lors d’une démarche de recherche d’emploi.

 

En terminant, voici trois judicieux conseils pour vous aideront dans votre recherche d’emploi. Premièrement, portez une attention particulière à votre adresse de courriel qui doit être professionnelle. Deuxièmement, vérifiez les paramètres de confidentialité de vos comptes Facebook, Instagram, Twitter, etc. Troisièmement, gardez en tête que ce que vous publiez sur Internet (vidéos sur YouTube, blogues, photos, commentaires dans les forums) est accessible à tout le monde et que les traces que vous laissez persistent.

 

Bon succès dans votre recherche d’emploi! 

 

 


 

 

 

Susan St-Onge, conseillère en développement de carrière29 septembre 2015

 

Processus d’orientation en groupe : une richesse

Par Susan St-Onge, conseillère en développement de carrière

 

Divulguer à autrui ne plus savoir vraiment mener sa barque pour cheminer professionnellement est certes une source d’inquiétudes et de stress parce que c’est dévoiler un tant soit peu une part de vulnérabilité. Oser se révéler en groupe augmente les craintes d’un cran. Pourtant, s’enhardir à vivre un processus d’orientation en groupe s’avère habituellement une expérience particulièrement enrichissante.

 

Même si les participantes et les participants ont leur propre unicité, il reste tout de même qu’ils vivent une réalité comparable, à savoir qu’ils se questionnent tous sur leur cheminement de carrière. Ce simple constat dédramatise justement ce questionnement et suscite les échanges.

 

Certains auront peu ou prou d’expériences de travail, d’autres auront plutôt occupé différents emplois parfois très diversifiés, d’autres encore envisagent un virage à 180 degrés et veulent quitter définitivement leur profession ou simplement dresser un bilan de compétences professionnelles pour déterminer la suite de leur parcours sur cette planète qu’est le travail.

 

Quelques-uns atterrissent sur le marché du travail, sans boussole, ni balises et sans trop savoir où se diriger, plusieurs débutent et craignent leurs premiers pas malgré leur bagage de connaissances éparses, d’autres ont voyagé plus longuement et plusieurs ont erré de boulot en boulot sans trop savoir comment, ni pourquoi.

 

Ce faisant, ces individus aux parcours distincts ont expérimenté des itinéraires particuliers : ils connaissent des chemins que personne d’autre n’a fréquentés, ils ont côtoyé des gens de tout acabit, ils ont œuvré dans des milieux professionnels variés et ils ont accumulé un savoir instructif. De fait, tous savent quelque chose qui peut être hautement profitable pour un autre. Dès lors, l’apport du groupe en processus d’orientation permet une synergie fructueuse dans ce foisonnement d’informations échangées.

 

Expérimenter une démarche de choix vocationnel implique nécessairement de se connaître en tant que personnalité au travail, de cerner ses aspirations et intérêts professionnels, de circonscrire ses habiletés et capacités dans le but de tracer un portrait professionnel. Quand on vit cette étape en groupe, il est beaucoup plus aisé de comprendre, voire de respecter, la diversité perçue chez autrui puisque tout en étant distinct, on partage un lieu commun qui est de déterminer la suite de son parcours professionnel dans un éventail de multiples possibilités en fonction de qui on est et ce à quoi on aspire. Par conséquent, chacun arrive à mieux saisir comment conjuguer avec les différences individuelles et même intergénérationnelles.

 

Un processus d’orientation en groupe, c’est apprendre non seulement à se connaitre, à côtoyer d’autres travailleurs, à reconnaitre et à choisir sa place au sein de la collectivité, c’est aussi apprendre à s’intégrer plus sûrement et sereinement dans le monde du travail.

 

Susan St-Onge

Conseillère en développement de carrière

 

 

 


 

 

 

Julie Bouffard conseillère d'orientation17 août 2015

 

Trucs et astuces pour partir l’année scolaire du bon pied

Par Julie Bouffard, c.o.

 

L’été fut beau et chaud, et ô combien reposant, n’est-ce pas? La piscine, les feux de camp, les pique-niques entre amis, les soirées qui s’étirent… Que de doux souvenirs.

 

Et voilà que la rentrée (eh oui! Je parle bien de cette fameuse rentrée) est à nos portes. Lentement et sûrement, les étudiants reprendront la route de la polyvalente, du cégep ou de l’université.

 

Les prochains mois rimeront avec cours magistraux, études, travaux et examens. J’avoue que c’est un peu moins séduisant comme sujet et, pour être honnête, je préfèrerais moi aussi parler de plage, de soleil et de BBQ. Toute bonne chose ayant une fin, j’emboîte donc le pas pour t’entretenir de certains trucs et astuces qui faciliteront grandement cette période qu’est la rentrée et te permettront ainsi de démarrer les classes du bon pied.

 

Le mot clé : Organisation

 

Pour entamer l’année de manière positive, assure-toi de mettre de l’avant des stratégies pour être bien organisé. Procure-toi, avant le début des cours, tout le matériel nécessaire à ton année scolaire : sac à dos, livres, notes de cours, cartables, papier, crayons, surligneurs, calculatrice, sans oublier l’outil indispensable à la planification, un agenda. Je répète, un A-G-E-N-D-A !!!!! Tu pourras y inscrire dès le début de l’année toutes les activités comprises dans ton calendrier scolaire, tel que tes devoirs, lectures, examens et remises de travaux. Cette méthode t’aidera à évaluer la charge de travail à accomplir chaque semaine, et surtout, à bien gérer ton temps tout au long de l’année ou de la session. Naturellement, des périodes seront plus chargées que d’autres, mais avec une bonne planification de tes tâches, il sera beaucoup plus facile de passer au travers sans pour autant te sentir trop surchargé.

 

Démontrer de l’efficacité dans ses études, c’est payant!

 

Afin d’être le plus efficace possible dans tes études, la première chose à faire est d’avoir une attitude proactive dans tes cours. Attention au présentéisme qui te guette, c’est-à-dire être physiquement présent en classe et mentalement absent, tu sais, tomber dans la lune, avoir le regard vide, griffonner sur tes notes de cours, ou encore, sortir de ton cours avec une marque de cahier spirale étampée sur la joue… Voici d’ailleurs quelques trucs pour augmenter ton rendement :

 

La prise de notes

Prendre des notes durant tes cours et les relire immédiatement après ceux-ci t’aidera à intégrer et à mémoriser la matière et contribuera à diminuer de beaucoup ton temps d’études et la préparation aux examens. Toutefois, n’écris pas tout ce que ton professeur dit. Relève les points essentiels que tu pourras développer par la suite. Également, utilise des mots clés, des abréviations et des symboles. Cela te permettra d’être plus rapide et de ne pas perdre de notions importantes. Après chaque cours, prends quelques minutes pour compléter tes notes et les rendre plus claires et compréhensibles. Souligne les titres et les sujets principaux, organise l’information de manière à t’y retrouver rapidement. Tu peux même aller jusqu’à avoir un code de couleurs pour t’aider à cibler les informations essentielles lorsque tu les relis.

 

 La rédaction de plans de travail

Tu entreprends un travail ? Commence d’abord par élaborer un plan détaillé. Cette étape sauve beaucoup de temps une fois la rédaction venue. Dans ce plan, fais ressortir tes idées pour chacune des parties de ton texte : l’introduction, le développement et la conclusion. Pour chaque grand thème que tu désires aborder, indique les sous-thèmes, les arguments, les explications et les exemples que tu souhaites approfondir. Ce faisant, il sera plus facile de visualiser l’ensemble de ton travail et tu progresseras plus rapidement dans la rédaction.

 

Adopter de saines habitudes de vie

 

Avec la rentrée scolaire, assure-toi de développer ou de reprendre de saines habitudes de vie qui favoriseront ta concentration, ton attention, ta capacité de mémorisation, bref, l’ensemble de tes fonctions cognitives, et qui te feront donc bénéficier d’un niveau d’énergie optimal. Quand on parle de saines habitudes de vie, on fait souvent référence à l’alimentation et à l’activité physique, certes, mais d’autres pratiques peuvent avoir un impact sur ton rendement physique et mental. En plus de sélectionner des aliments qui te fourniront tout ce dont tu as besoin pour passer à travers ta journée et de bouger un peu tous les jours, réserve des plages à ton agenda pour des moments de détente et de divertissement. Socialiser avec tes amis ou participer à des activités parascolaires te changera les idées et accroîtra ta productivité dans les moments cruciaux de tes études. Il y a un autre élément ultra important : le sommeil. Favorise une routine te permettant de dormir un minimum de 8 heures par nuit. Tu seras ainsi bien reposé et disposé à attaquer tes journées de cours et d’études.

 

Par ailleurs, avoir un emploi étudiant peut t’amener à développer un meilleur sens de l’organisation et te rendre plus autonome financièrement, toutefois, au-delà de 15 heures de travail par semaine, ton emploi risque fort d’entrer en conflit avec tes études. Mets donc toutes les chances de ton côté et explique à ton employeur que ta priorité c’est d’étudier. Tu pourras ainsi lui fournir des disponibilités qui ne nuisent pas à ta réussite.

 

Finalement, et je te promets qu’après je te laisse filer pour profiter de tes derniers jours de vacances, plus tu es dans un état d’esprit positif vis-à-vis de tes études, plus il sera facile pour toi de rester motivé et engagé tout au long de l’année ou de la session. Un dernier petit truc : te fixer des objectifs et des buts à court terme t’aidera à déployer les efforts nécessaires pour atteindre les résultats escomptés. Chaque petite victoire équivaut à un succès!

 

 Si après avoir suivi tous ces conseils, tu as toujours le sentiment d’être débordé, démotivé ou de tourner en rond dans ton projet d’études, appelle-nous et nous trouverons ensemble des stratégies qui t’aideront à aller de l’avant avec confiance et enthousiasme.

 

418 651-6415/info@optiontravail.com

 

                


 

 

 

Christian Boucher

10 août 2015

 

Retourner à l’école? Oui, mais pourquoi?

Par Christian Boucher, conseiller en insertion socioprofessionnelle 

 

Plusieurs jeunes que je rencontre dans le cadre de mon travail ont décroché de l’école. Certains d’entre eux ont tenté plus d’une fois d’y retourner, mais s’ils ont intégré le programme Jeunes en action[i], c’est que la plupart n’y sont pas encore arrivés seuls. « Tu perds ton temps! », « Tu ne réussiras jamais à faire un métier que t’aimes sans ton diplôme d’études secondaires! », «C’est pourtant pas compliqué d’être assis dans une classe! » ne sont que quelques exemples des critiques virulentes que ces jeunes reçoivent de leurs proches. Et vous n’avez pas idée comment la plupart appréhendent le temps des fêtes où ils doivent se taper les mêmes sermons des oncles et tantes qui croient soudainement avoir eu LA bonne approche. 

 

Évidemment, certains font le choix pleinement assumé de quitter l’école pour se trouver un emploi prétextant ne pas être en mesure d’obtenir ce qu’ils désirent dans le système scolaire actuel, alors que d’autres reconnaissent qu’ils n’ont pas et n’auront possiblement jamais les aptitudes requises pour assimiler la matière enseignée. Ceux-là comprennent bien que l’acharnement n’a pas toujours sa place et qu’il est parfois plus sage de choisir une autre avenue plus adaptée à leur réalité et éventuellement plus satisfaisante que la poursuite des études. Peut-on blâmer un sportif mesurant 5 pieds 7 pouces de choisir la course à pied lorsque tous ses amis jouent au basketball? (J’avoue, j’en ai déjà trouvé des meilleurs, mais bon!)

 

Quel est le problème alors pour ceux qui ont ce potentiel d’avancer sur le plan scolaire, mais qui n’y arrivent tout simplement pas? Évidemment, personne ne s’attend, en lisant ce billet, à obtenir la réponse universelle à la problématique du décrochage scolaire. Il y a possiblement autant d’études visant à en comprendre les causes qu’il y a de solutions envisagées. On travaille à diminuer la consommation de drogues, on essaie d’inculquer de saines habitudes de vie, on explore différentes stratégies pour mieux gérer le stress, etc. Bref, nous intervenons là où nous voyons des lacunes et où nous croyons pouvoir modifier certaines choses, mais, dans la plupart des cas, sans y voir d’impacts positifs sur le taux d’absence et le rendement scolaire.

 

Mais ce dont j’ai envie de vous parler, c’est cette idée du SENS qui est donné à l’école et qui est, à mon avis, trop souvent oublié par les professionnels du monde scolaire qui gravitent autour de ces jeunes. Lors de mes premières rencontres d’évaluation, je pose systématiquement la question suivante : « Plus tard, as-tu une idée de job que tu aimerais faire? » Et malheureusement, la réponse est trop souvent « j’en ai aucune idée » ou « je n’y ai jamais vraiment pensé ». Il y a certainement là un constat qui mérite réflexion. Posez-vous simplement cette question et tentez d’y répondre en toute honnêteté. Accepteriez-vous, si on vous disait simplement que ça allait être bon pour vous sans trop vous préciser les motifs, de passer 35 heures par semaine à trier des feuilles de papier selon si elles sont noires, blanches, de couleur pâle ou foncée, et ce, pendant des mois de temps sans en retirer un sou? Et bien moi, je vous confirme que la réponse est non! Quelle est donc la différence entre vous (parce que vous avez sûrement répondu la même chose que moi, sinon arrêter de lire cet article!) et ces jeunes qui doivent se battre pour retourner sur les bancs d’école? Ces jeunes qu’on marginalise, qu’on étiquette parfois trop rapidement de « lâches » n’arrivent tout simplement pas à trouver un sens dans le fait de se lever, jour après jour, pour aller s’assoir sur les bancs d’école. Ils ne voient pas en quoi ça leur sera utile.

 

Mais comment alors trouver ce fameux sens au retour à l’école? Avec les années (comme si j’étais vieux!), je me suis aperçu que la démarche d’orientation menant dans bien des cas à l’identification d’un métier avait souvent un impact crucial dans le parcours des jeunes que j’accompagne. Pour certains bien plus habitués à gérer les difficultés vécues au quotidien ou bien à ressasser tous les démons du passé, c’était l’occasion, pour une rare fois, de se projeter dans le futur. Se voir positivement dans un rôle aussi important que celui d’être un membre actif et significatif du marché du travail, ce n’est certainement pas rien pour bon nombre d’entre eux. La démarche d’orientation n’a pas simplement comme objectif d’aider les personnes à faire un choix professionnel. C’est aussi l’occasion pour elles d’apprendre à se connaître, de mieux cerner leurs champs d’intérêt, leurs forces, leurs valeurs, etc. Il m’arrive souvent d’obtenir de longs silences lorsque je leur demande en début de parcours de me nommer leurs qualités, mais lorsqu’il est question de parler de leurs défauts, ah ben là! Et à ça s’ajoute enfin LA bonne raison qui justifie la modification de certains comportements néfastes. En effet, lorsque le métier est trouvé et qu’il donne une lueur d’espoir à l’avenir, il va s’en dire que fumer 5 joints par jour et se coucher à 4 heures du matin tous les soirs, et bien ça ne fait pas tellement de sens. Tiens, tiens, encore cette notion de sens qui refait surface.

 

Je ne voudrais pas qu’on conclût à la lecture de cet article que j’en suis à prétendre que la principale avenue à considérer pour enrayer le décrochage scolaire réside dans l’élaboration d’une stratégie massive et collective de processus d’orientation pour tous les jeunes décrocheurs! Je souhaiterais toutefois qu’on accorde une attention toute particulière à ce point dans l’évaluation du jeune qui vient nous voir et dans l’élaboration de son plan d’action. Je crois qu’une erreur fréquente que nous commettons dans l’accompagnement des jeunes vivant des difficultés est d’intervenir presque exclusivement sur le passé et les situations difficiles du présent. Quelqu’un vous a déjà dit qu’on risque moins de renverser moins de liquide dans une tasse pleine lorsque notre regard fixe un point au loin plutôt que directement la tasse?  

 

 

 

 



[i] Jeunes en action est un programme offert dans tous les Carrefours jeunesse-emploi du Québec et vise à amener les jeunes adultes à développer leur autonomie sur les plans personnel, social et professionnel à travers des rencontres individuelles et de groupe.  

 

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